Au British Museum, les salles consacrées au Moyen Orient traitent d’une large aire géographique sur une longue période historique. Des premières traces de l’écriture en Mésopotamie au monde musulman (élargi au-delà du Moyen Orient) en passant par les Phéniciens ou encore l’empire perse, la diversité est au rendez-vous.

Les kudurrus babyloniens

Le musée commence par explorer les progrès de la civilisation chez les Sumériens et Babyloniens antiques, du développement de l’agriculture aux premières cités, puis aux empires. L’on peut y découvrir de nombreux exemples de l’évolution de l’écriture depuis le 3e millénaire av. J.C. Beaucoup de documents conservés sont à caractère administratif, à l’image de ces kudurrus. Il s’agit de stèles utilisées pour enregistrer des donations de terres ou de privilèges et dont l’utilisation a été introduite à Babylone par les dynasties kassites (qui règnent sur la cité entre les XVe et XIIe s. après la chute de l’empire babylonien). Les kudurrus ci-dessus datent du règne de Marduk-nadin-ahhe (1099-1082), de la seconde dynastie d’Isin (1132-1027), qui succède aux Kassites. La première stèle est un don du roi à un officier qui s’est illustré dans la guerre contre les Assyriens.

L’empire assyrien

Le British Museum expose également nombre de vestiges monumentaux. L’empire assyrien, notamment, est bien représenté dans les salles du rez-de-chaussée du musée. Du IXe au VIIe siècle, cet ancien royaume s’étend progressivement pour former un grand empire (jusqu’en Babylonie, en Egypte et en Tarse). Pendant cette période, les rois déplacent à plusieurs reprises leur capitale et font ériger de nombreux palais, témoignant de leur puissance grandissante. Les vestiges de ces constructions sont l’objet de fouilles répétées depuis le XIXe siècle.

Le premier de ces grands palais date du règne d’Assurnazirpal II (883-859), qui décide de quitter sa capital Assur pour s’installer à Nimrud (Kalkhu). Lui et ses successeurs y érigent plusieurs résidences royales, la principale étant le « Palais sans égal » (palais nord-ouest). Les archéologues anglais en ont par exemple ramené ces « gardiens » en forme de taureaux ailés à tête humaines (v. 865-860), protégeant l’entrée des appartements du roi.

Au début du VIIe siècle, la capitale assyrienne est déplacée dans l’ancienne cité de Ninive, que les souverains agrandissent et embellissent pour en faire une métropole à l’image de leur empire. Assurbanipal (669-626) y restaure la Maison de l’héritier (palais Nord) d’où proviennent les bas-reliefs suivants. Ils représentent une chasse royale au lion. Ce « sport » royal par excellence symbolise de fait la responsabilité du souverain de protéger ses sujets et de combattre.

L’empire perse

Le dernier empire du Moyen Orient avant la conquête d’Alexandre le Grand est l’empire perse, le plus grand jamais vu à cette époque. L’un de ses souverains emblématiques est Darius Ier (521-486 av. J.C., celui-là même qui s’incline devant les Grecs à la fameuse bataille de Marathon), grand conquérant qui porte l’empire à son apogée… et également grand bâtisseur de villes, palais, ouvrages d’art, etc. Le British Museum donne par exemple à voir ces sculptures provenant de Persépolis, la nouvelle capitale érigée par le roi et dont la construction se poursuit pendant deux siècles jusqu’à l’arrivée d’Alexandre. Il ne s’agit cependant pas des originales, mais de copies effectuées en 1892. Une expédition a été commanditée exprès pour réaliser les moulages sur place, dans les vestiges du palais de Darius.

Le monde musulman

Chronologiquement, les dernières salles du département « Moyen Orient » sont dédiées au monde musulman. Mais elles sont un peu à part des autres, car elles concernent une période beaucoup plus proche de la nôtre (du VIIe s. à nos jours) et une aire débordant du Moyen Orient. Les principaux thèmes qui y sont abordés concernent la foi, l’art, la calligraphie et la science.

La galerie du monde musulman fait la part belle à la calligraphie ainsi qu’aux dessins et motifs abstraits, géométriques, etc. De fait, l’une des questions très débattues dans la civilisation islamique est celle des représentations animales et humaines. De manière similaire à la religion juive, l’Islam est généralement défavorable à ces représentations, par crainte, entre autres, de l’idolâtrie. Si les images d’hommes et d’animaux sont donc bannies des lieux de cultes, elles apparaissent néanmoins dans le reste des œuvres littéraires, artistiques, ou architecturales, mais plus ou moins fréquemment selon la période, le lieu, l’interprétation des textes en vigueur, etc. Les productions comportant des motifs végétaux, géométriques, en arabesque ou calligraphiques se sont ainsi très fortement développées dans le monde musulman, requérant une forte capacité d’imagination et de stylisation de la part des artistes.

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