Après avoir traversé le Parco Sempione, nous nous sommes rendus au Castello Sforzesco. Cette demeure a d’abord été bâtie sous les Visconti au milieu du XIVe siècle. Puis, le premier château fut détruit, et sur ses ruines, un siècle plus tard, les Sforza construisirent un nouvel édifice qui devint la résidence des ducs de Milan. La forme générale du château est celle d’un gros quadrilatère aux épaisses murailles, flanqué de tours rondes et carrées, et entouré de douves :

Côté ville, au centre de la muraille, l’on peut apercevoir une haute tour – la tour du Filatère -, édifiée en même temps que le château. Elle a été détruite au XVIe siècle lors d’une explosion – la tour servait de poudrière ! – et reconstruite au début du XXe siècle lors de la campagne de restauration du château. La dernière tour photographiée appartient, elle, à la fortification interne du château (un deuxième rempart en cas d’attaque). Elle est nommée la torre di Bona di Savoia, du nom de la régente qui l’a faite édifier.

Les photographies suivantes ont été prises à l’intérieur de la deuxième fortification, dans la Rocchetta, là où résidait réellement la cour ducale. En montant à l’étage, on peut également apprécier l’épaisseur et le caractère massif de la muraille qui forme la Rochetta.

Après les bâtiments extérieurs, nous avons visité les musées du Castello, des collections en valent vraiment la peine. En effet, pour 7€ (ou 3,50€ tarif réduit/étudiant…), on peut visiter pendant trois jours tous les musées « civiques », comprenons les musées de la ville. On peut ainsi accéder à tous les musées du château, et au musée d’art moderne, d’archéologie, du Risorgimento, d’histoire naturelle, d’art contemporain…

Musée de la préhistoire et musée égyptien

Ainsi, nous avons commencé par le musée de la préhistoire. Il s’agit d’une longue salle dans laquelle sont exposés des restes archéologiques de différents peuples présents dans la région de Milan avant la conquête romaine. Dans une salle similaire, se trouve le musée égyptien – voir ci-dessous. Il est évident que ces deux « musées » ne sont pas d’une taille pharaonique. Cependant, les explications fournies se révèlent très bien conçues et détaillées, et les deux salles nous ont occupés plus d’une heure.

Musée des instruments de musique

Ce musée est autrement plus grand et plus fourni en pièces exposées ! Un nombre impressionnant d’instruments se succèdent. Certains sont finement décorés, d’autres sont des instruments expérimentaux…

Musée d’art antique et médiéval et salles du château

Ce qui est appelé Musée d’art antique est en fait une expositions d’œuvres réalisées entre l’époque paléochrétienne et le XVIe siècle. Les salles renfermant les collections se trouvent en outre du côté de la Rocchetta, là où résidait la cour ducale. Elles se révèlent ainsi très décorées, notamment les plafonds très bien conservés – ou très bien restaurés !

Au centre de la première pièce, l’on peut admirer le monument sépulcral de Bernabo Visconti, réalisé par Bonino da Campione entre 1363 et 1385. L’oeuvre est en marbre et mesure six mètres de haut.

Parmi les salles préservées, la chapelle ducale est l’une des plus belles. Elle a été édifiée par Benedetto Ferrini entre 1472 et 1473, et les fresques sont de Bonifacio Bembo et Stefano dè Fedeli.

Dans les dernières salles du musée, est exposé le monument funéraire de Gaston de Foix – commandant de l’armée française, tué à Ravenne en 1512. L’œuvre est due au sculpteur Agostino Busti, dit Bambaja, qui l’a réalisée entre 1515 et 1523.

Puis, la visite se termine par l’exposition de l’ultime œuvre de Michel-Ange, la Pietà Rondanini. La sculpture de l’artiste est en fait inachevée, et devait représenter la Vierge soutenant le corps du Christ. L’œuvre a été réalisée en 1564 (Michel-Ange est mort en février de cette année), est en marbre et mesure 1,94m de haut.

La Raccolata dei Mobili

La visite du premier étage commence par une collection de « mobilier » – meubles, pièces d’orfèvrerie, tapisseries, peintures murales, etc. Cette collection a été constituée tout au long du XXe siècle par plusieurs familles de donateurs milanais. 2000 pièces environ sont conservées, qui retracent une partie de l’histoire du mobilier lombards, « des Sforza au Design » [1] [2].

Dans les premières salles, sont exposées plusieurs pièces ayant appartenu aux familles Visconti et Sforza. Rares sont celles à être parvenues jusqu’à nous. Cette coupe en verre, par exemple, est l’un des rares témoignages de la production de verre de Murano à la fin du XVe siècle. Cette pièce est aux armes du duc Ludovic le More (1452-1508).

Une fresque murale provenant du château de Roccabianca – dans la province de Parme – est reconstituée. Peinte à la manière de Niccolò da Varallo (v. 1420-1489) vers 1460, elle relate l’histoire Griselda, que conte Boccace dans son Décaméron. Voici ce que l’on peut admirer à l’intérieur :

Des tapisseries sont également exposées. Ci-dessous, une pièce du XVIe siècle (v. 1515-1520), unique ou appartenant à une série, fabriquée dans une manufacture flamande ou franco-flamande. Elle représente la résurrection de Lazare. Destinée à orner un édifice religieux, sa taille suggère qu’elle était disposée au dessus du maître autel. Par sa couleur et son style, elle peut être attribuée à l’école de Tournai. Puis, un globe terrestre ancien, réalisé par Jodocus Hondius (1563-1612) en 1601. Il est composée d’une carte stuquée et de carton. Le pied est en bronze.

Le musée donne également à voir des cabinets du XVIIe siècle. Ces meubles, essentiellement d’apparat, servent à renfermer des pièces de collection, des bijoux, etc. Le premier cabinet, ligure, date du début du XVIIe. La partie basse a été ajoutée dans la deuxième moitié du XIXe. Le second cabinet a été fabriqué à la fin du XVIIe en Bohême. Il comporte également des ajouts du milieu du XIXe.

La Pinacoteca

Au même étage que la Raccolata dei Mobili, la Pinacoteca accueille des collections de peintures lombardes, avec des apports de grands maîtres italiens, par exemple de l’école vénitienne. Le parcours proposé couvre toute la période moderne – du XVe au XVIIIe siècle. Cette collection comporte des œuvres de natures très diverses, des retables aux fresques en passant par les miniatures, les sculptures sur bois, en marbre ou en terre cuite et les médailles.

Illustrant cette diversité des œuvres exposées, ces deux sculptures sur bois peintes et dorées, du dernier quart du XVe siècle (1475-1491). La Montée au Calvaire et la Déposition, proviennent du sanctuaire Santa Maria del Monte di Varese, le sanctuaire privilégié des Sforza. Elles ont été réalisées par le Maître de Trogano.

Ci-dessous, un tableau d’un artiste déjà aperçu au Palais Brera, Marco d’Oggiono (v. 1465-v.1530). Ce peintre a été formé à l’atelier de Léonard de Vinci et il s’inspire de plusieurs de ses œuvres, thèmes et techniques. Le musée expose ici une Madonne à l’Enfant, saint Jean et l’Archange (1524, tempera et huile sur panneau de bois, 54 x 48,5 cm). La disposition du tableau fait que l’on peut également apercevoir le verso, un Grotesque datant de 1510.

Nous avons, encore une fois, rencontré le Vénitien Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto (1697-1768), évoqué précédemment lors de la visite du Palais Brera. Ci-dessous, ce Il Molo verso la Zecca con la colonna di San Teodoro (1742, huile sur toile, 185,5 x 110,5 cm) est un exemple très représentatif de la peinture de paysage vénitienne du XVIIIe siècle.

Les Raccolte d’Arte Applicata

Les collections d’Arts Appliqués comportent des pièces datant du Moyen Âge au siècle dernier. Ces collections, parmi les plus importantes des Musées civiques, sont encore une fois très hétérogènes par la nature des objets exposés : des meubles, tapisseries, tissus, céramique, sculptures en bois et en ivoire, objets en bronze et en fer, armes, instruments scientifiques… L’une des salles accueille également des expositions temporaires. Il s’agit en ce moment d’une exposition consacrée à l’art japonais. Voici comment les collections sont présentées :

Parmi les pièces exposées, le cadran solaire de la fin du XVIIe siècle, ci-dessous, en laiton ciselé et doré. Il est signé de l’un des meilleurs artistes bohèmes de la période, J. Engelbrecht. Ce cadran à projection polaire comporte un calendrier annuel bilingue (latin et allemand) et des inscriptions de noms de villes européennes.

Beaucoup de céramiques sont également exposées. Voici, pour exemple, un grand plat (Pavie, fin du XVIIe, début du XVIIIe siècle) au décor naturaliste.

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Le château et les musées à Milan :

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