Pour tous les amateurs d’histoire de l’art, à Vienne, il suffit de traverser le Burgring, en face de la Hofburg. On se retrouve alors sur la Maria-Theresien Platz, de part et d’autre de laquelle deux musées se font face : le Kunsthistorisches Museum et le Museum d’histoire naturelle. Au centre de la place, trône une majestueuse statue de l’impératrice-reine Marie-Thérèse (1717-1740-1780), entourée de ses principaux conseillers et généraux.

Les deux bâtiments ont été conçus dès le XIXe siècle de manière parfaitement symétrique – jusqu’à la taille des arbustes et végétaux ! – afin d’abriter les collections accumulées par les Habsbourg au fil des siècles. Le Kunsthistorisches Museum, en particulier, regorge de trésors artistiques si variés qu’il serait difficile de ne pas y trouver son compte.

A l’intérieur du Kunsthistorisches Museum, le ton est donné dès l’entrée, avec un monumental escalier au milieu duquel on aperçoit immédiatement une statue de Canova (Thésée luttant contre le Centaure, 1805). Le plafond, orné de fresques, est un avant goût des autres salles, elles aussi magnifiquement décorées. Au sommet de l’escalier, on arrive sous une magnifique coupole, faite de matériaux précieux, marbres colorés et stucs. Au centre de la salle, un oculus donne une vue sur la salle d’entrée qui se trouve juste en dessous.

La Kunstkammer et les trésors des Habsbourg

Réouverte au public depuis 2013, la Kunstkammer est un incontournable du musée. Elle témoigne de la création et de l’essor des cabinets de curiosités depuis la Renaissance jusqu’au XIXe siècle. Grands amateurs d’art, les Habsbourg se sont constitué une collection de pièces d’orfèvrerie, de statues, de bronzes, d’automates, d’horloges… parmi les plus importantes du monde et exposée sur 2 700 m². On peut notamment y admirer la célèbre Saliera de Benvenuto Cellini, commandée par François Ier ; une pièce à l’histoire assez rocambolesque puisqu’elle a été volée en 2003, avant d’être retrouvée en 2006 dans un bois à 90 km de Vienne !

Honneur à la peinture flamande

L’on pouvait s’en douter, le musée est particulièrement bien doté en collections de peintures flamandes. Comme souvent, ce sont les peintures de la Renaissance et des primitifs flamands qui m’ont le plus marquée, à commencer par celles de Brueghel l’Ancien (v. 1525-1569). Le Kunsthistorisches Museum possède la plus grande collection d’œuvres de l’artiste, et pas des moindres, à l’image de La Tour de Babel et ses impressionnants détails, Les chasseurs dans la neige, La noce paysanne, Le portement de croix, etc. (etc. etc.).

En plus de la collection Brueghel, les galeries de peintures néerlandaise, flamande et allemande donnent à voir de nombreux tableaux des maîtres du genre, tous aussi renommés les uns que les autres : Albrecht Dürer, Rogier van der Weyden, Hans Holbein le Jeune, Lucas Cranach, Jan Vermeer, Pierre Paul Rubens, Antoine van Dyck, Rembrandt…

La peinture italienne, éternel ravissement pour les yeux

Autre témoignage du goût artistique prononcé des Habsbourg, la collection de peintures italiennes comporte de magnifiques tableaux, signés des plus grands maîtres, de la fin du Moyen Âge jusqu’au XVIIIe siècle. Beaucoup de salles organisées de manière thématique mettent en valeur la peinture vénitienne et florentine ou encore différents artistes (Le Tintoret, Raphaël, Véronèse, Le Caravage, etc.).

Ci-dessous, un exemple de la diversité des collections, avec l’un des Martyre de saint Sébastien de Mantegna,  la douce Madone au Pré de Raphaël, le portrait de Lorenzo Soranzo par le Tintoret et l’un des exemples toujours aussi saisissants de l’inventivité d’Arcimboldo, l’Été – il ne subsiste aujourd’hui que deux des quatre saisons de la série originelle.

Peinture de cour

Bien sûr, on retrouve au fil des salles, de nombreux tableaux de souverains et autres personnages à la titulature prestigieuse, comme les membres de la famille des Habsbourg. On retiendra notamment les tableaux des infantes d’Espagne peints par Diego Vélasquez (1599-1660).

De belles collections d’antiquités

Constituées dès le XIXe siècle, les collections d’antiquités grecques, romaines, d’Egypte et du Proche-Orient sont très fournies. Les amateurs d’égyptologie seront ravis des salles aux peintures d’inspiration égyptienne, remplies de nombreuses statues, sarcophages, offrandes funéraires, rouleaux de papyrus, etc.

Les antiquités originaires de l’autre côté de la Méditerranée ont le droit au même traitement, avec des salles ornées de décors d’inspiration romaine, de grotesques, etc. La muséographie est ici aussi très soignée, comme le montre par exemple la mise en scène des têtes de statues ci-dessous.

Retrouver le Kunsthistorisches Museum à Vienne :