Après la visite du Centre Pompidou-Metz, nous sommes retournés vers le centre-ville afin d’admirer plus longuement la cathédrale Saint-Étienne, et aussi pour nous mettre à l’abri d’une averse. Metz est de fait un très ancien évêché, qui aurait été fondé vers le IIIe siècle. Or, que se produit-il lorsqu’on évoque la ville de Metz du point de vue religieux à un (ancien) étudiant en histoire, et plus particulièrement un étudiant bisontin ? Celui-ci pense bien évidemment à l’évêque Chrodegang (v. 712-766), chancelier de Charles Martel et Pépin le Bref, fondateur de l’abbaye de Gorze – très importante pour l’étudiant bisontin –, père du chant messin. Et quel rapport, demandera le lecteur attentif, entre Chrodegang et la cathédrale actuelle ? Il y en a en vérité fort peu. L’édifice religieux des Ve-Xe siècles consacré à saint Étienne et en partie reconstruit sous l’épiscopat de Chrodegang n’existe plus – si ce ne sont ses fondations. Il était surtout question d’éclairer le lecteur sur le titre des deux articles consacrés à Metz, tout en le cultivant un peu et en revenant sur une référence commune à quelques étudiants de la rue Mégevand.


Un temple du gothique

Saint-Étienne – dont je ne peux vous fournir de meilleure vue globale extérieure – résulte en fait de la construction de deux édifices religieux. La (re)construction de la cathédrale est entâmée au XIIIe siècle, dans le même mouvement que celles de Reims ou d’Amiens – considérées comme des réalisations majeures du style gothique. Puis, au milieu du siècle, la reconstruction de la collégiale Notre-Dame la Ronde fut entreprise, en l’appuyant sur les contreforts de la cathédrale. La construction des deux édifices se poursuit jusqu’à la deuxième moitié du XIVe siècle, lorsque le voûtement de la cathédrale est effectué, et la cloison séparant Saint-Étienne et Notre-Dame abattue. L’édification de la cathédrale se prolonge jusqu’au milieu du XVIe siècle, avec pour ligne directrice l’unification et la conservation du style gothique. À la fin du XIXe siècle, suite à un incendie de la toiture, Saint-Étienne subit une restauration, au cours de laquelle le portail néo-classique du XVIIIe est supprimé pour être remplacé par un portail néo-gothique, et plusieurs autres parties sont réaménagées. Vous pouvez voir ci-dessous quelques détails de cette facade occidentale :

Aujourd’hui, l’entrée dans la cathédrale se fait, sauf rares occasions, par le portail de la Vierge. Il date de la seconde moitié du XIIIe siècle, et a été une première fois restauré au XIXe. Ce portail comporte plus de 220 statues, dont une souriante Vierge qui lui donne son nom. Comme vous pouvez le constater, la pierre dont sont faites les statues est jaune. C’est parce que l’édifice a été construit en pierre de Jaumont – une pierre de Moselle – qui lui donne cette couleur. Lorsque le soleil se montre, l’effet est particulièrement saisissant.




Entrons maintenant dans la cathédrale. A l’intérieur, on est tout de suite impressionné par la hauteur de l’édifice, sans pour autant s’y sentir écrasé ou pris d’une impression de verticalité vertigineuse. Saint-Étienne de Metz est pourtant la troisième cathédrale française par la hauteur de ses voûtes (41,7 m), derrière la cathédrale de Beauvais (qui, avec 48 m, détient le record mondial dans la catégorie « gothique ») et celle d’Amiens (42,3 m). Les photographies peuvent difficilement restituer la hauteur de la cathédrale, mais en donnent une petite idée :




La lanterne du bon Dieu

Si la cathédrale de Metz est vraiment réputée, c’est surtout grâce à ses vitraux. Saint-Étienne est en effet surnommée « la lanterne du bon Dieu », car elle est la cathédrale française présentant la plus grande surface vitrée (6500 m²), et celle qui abrite les plus grandes verrières gothiques en Europe. La verrière occidentale, notamment, se révèle très impressionnante. Réalisée dès le XIVe siècle, elle comporte une rosace de 11 mètres de diamètre.


Les verrières des deux bras du transept sont également imposantes. Celle du bras sud a été conçue par Valentin Boush (fin XVe-1541) et réalisée entre 1521 et 1527.

La cathédrale comporte une très grande variété de vitraux, réalisés à des époques très différentes. Après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, une partie des verrières durent être remplacées. Pour cela, l’on fit appel à plusieurs artistes comme Marc Chagall (1887-1985). Celui-ci illustra des thèmes de l’Ancien Testament pour les vitraux de chapelles du déambulatoire nord, comme ci-dessous – on y aperçoit notamment la scène d’Eve et de la pomme.

Le peintre Jacques Villon (1875-1963, frère de Marcel Duchamp) imagina quant à lui, entre 1955 et 1957, les vitraux de la Chapelle du Saint-Sacrement, dans le côté sud de la nef.

La cathédrale comporte encore d’autres vitraux d’époque contemporaine, mais je ne suis pas parvenue à les identifier.

Chapelle de la Vierge

Dans le déambulatoire, la chapelle rayonnante dans l’axe du choeur semble être la chapelle de la Vierge. A l’intérieur, un magnifique retable y est particulièrement mis en valeur.

Cette chapelle abrite également le priant d’Anne de Perusse d’Escars (1546-1612), cardinal de Givry et évêque de Metz.